Lundi matin. La nuit n'a pas été excellente pour Fabrice qui s'est levé plusieurs fois pris par des douleurs aux jambes. Il nous dit que c'est normal que la récupération est longue. Nous prenons la route d'Athènes sans trainer, notre avion est à 14h40 et nous avons 300km de route. Toutefois nous avançons suffisamment vite pour nous permettre un petit déjeuner à  Zacharo. Nous quittons le Péloponèse par son côté Est à Corinthe.

A 12h00 la voiture est rendue. Les bagages soutes sont déposés, mais nous devons faire le forcing auprès de la compagnie pour que Fabrice emmène en cabine son plateau d'échec en plus de son bagage. Nous prenons un agréable déjeuner snaking dans l'aérogare et à l'heure prévue poussons notre chariot jusqu'au contrôle sécurité.

Passage sécurité tranquille, et soudain stupeur ! Dom s'aperçoit que le plateau d'échecs est resté sur le chariot abandonné à l'entrée du contrôle sécurité. Ni une ni deux Fabrice retrouve ses jambes et remonte comme l'éclair toute la chaine de sécurité sans se faire mettre en joue, ni même interpeler par les astynomikos !

Dom et moi rangeons en attendant toutes les affaires restées en plan sur le tapis et re-stupeur ! Fabrice est reparti dans l'aérogare sans passeport ni carte d'embarquement. Les contrôles sont pointilleux on ne voit pas comment il pourrait repasser sans ces papiers.

L'inquiétude monte et pour nous l'affaire du plateau d'échecs devient secondaire. Comment pourrons récupérer notre Fabrice ? Bien sûr il est parti non seulement sans papier mais aussi sans téléphone. Donc pas moyen de savoir où il en est dans sa recherche.

L'attente est longue. Je peux voir par dessus l'espace sécurité, l'entrée où se trouve postés un agent aéroport et un policier. Et nous attendons ...

Après 15 très longues minutes, je vois là-bas Fabrice se présenter à l'entrée de l'espace sécurité avec son plateau sous le bras. Je me hisse sur la pointe des pieds le bras tendu pour montrer ses papiers; Mais rien ne semble infléchir les cerbères, ils refusent de le faire passer. Fabrice ne lâche rien - vous le connaissez maintenant - le temps passe l'affaire ne se dénoue pas ... Tremblements.

D'un coup le policier me fait signe de remonter la chaine de sécurité. Je prends consciencieusement mes papiers et mon téléphone - deux dans la nasse non merci - et je remonte la chaine. L'officier regarde nos papiers et nous autorise enfin à repasser la sécurité.

Fabrice nous racontera sûrement ici-même comment il a vécu ces instants ... chauds.

Le reste du voyage retour s'est bien passé, entre somnolences et souvenirs.